Accueil du site > Projets routiers > Coordination d’associations

Coordination d’associations

vendredi 21 mai 2010

Notre deuxième lettre aux élus

Quelle(s) route(s) pour quel tourisme ?

L’un des enjeux affichés du projet de voie rapide est « l’aménagement d’itinéraires touristiques à haute valeur environnementale ». La coordination « les voix du bon sens » considère que le projet de la « voie d’avenir » ne répond absolument pas aux besoins du développement touristique et risque au contraire d’être très contreproductif. Développer le tourisme demande d’autres efforts, multiples et complexes…

Le tourisme crée des emplois directs, mais aussi des emplois indirects, notamment liés aux résidences secondaires qui entrainent l’économie résidentielle. Le Lot compte 17 000 résidences secondaires avec 84 000 lits, soit les 2/3 de sa capacité d’accueil et la moitié de sa population permanente. Ces emplois arrivent certes derrière ceux du secteur industriel, mais devancent ceux de l’agro-alimentaire et talonnent ceux du secteur de la construction.

Les touristes sont attirés dans le Lot par la beauté des paysages, le patrimoine culturel, l’environnement naturel, le calme, les produits locaux, le climat, la douceur de vivre. Ils y pratiquent surtout les visites de villages, de monuments et de musées, les balades à pied, les marchés locaux, la découverte des sites naturels et des paysages.

Les touristes se plaignent notamment de l’état des routes

L’activité touristique a reculé d’environ 10% en 2008/2009. La crise y est évidemment pour beaucoup. Mais le tourisme du Lot souffre aussi de ses propres difficultés. Une enquête réalisée en 2009 met en évidence quelques constats clés : les touristes critiquent souvent son offre de restaurants et ses animations, mais le point faible le plus cité concerne les déplacements. Les touristes souhaitent notamment des améliorations de l’état des routes, de la signalisation routière, des transports en commun, du balisage des GR et des parcs régionaux, du fléchage des ballades et des sites à visiter… Les progrès à accomplir concernent donc la qualité de l’offre touristique mais aussi sa notoriété et sa vitrine : 5% seulement des réservations sont opérées via le service départemental de réservations… Tout cela nécessite des efforts complexes, identifiés dans le Livre Blanc du Comité Départemental du Tourisme, dont le budget annuel s’élève à 1,6 million d’euros (à rapprocher des 100 millions d’euros annoncés pour la voie rapide). Les effets seront nécessairement lents, d’autant plus que la sortie de crise tarde à s’affirmer.

La solution de facilité des « low cost »

La tentation de se tourner vers les low costs peut paraître évidente. Par leurs « packages », leurs tarifs et leur marketing, ces compagnies se targuent de racoler des gros effectifs de touristes qu’elles déposent en masse sur le tarmac local (et qu’une voie rapide pourrait permettre d’écouler rapidement !) Certes elles font payer très cher ce savoir faire aux collectivités, n’hésitant pas à mettre en concurrence des aéroports voisins pour faire monter les enchères. Ainsi, elles réclament un million d’euros à Pau, Poitiers, La Rochelle, Bergerac et Limoges au titre d’une « participation » à leurs frais de communication pour se maintenir sur place. Et elles n’hésitent pas à disparaitre brutalement avec leurs clients le jour où elles n’y trouvent plus leur compte, comme Ryanair vient de le faire à Angoulême, qui refusait de céder à son chantage.

Ce type de tourisme, qui tente de compenser la qualité par la quantité, est-il cohérent avec la personnalité du Lot ? Peut-il se réclamer du « tourisme durable » évoqué par le Comité départemental du tourisme lotois dans son Livre Blanc ?  Nos touristes ne se plaignent pas des camions ni des temps de trajet. Ils veulent simplement découvrir tranquillement des lieux séduisants dans une circulation pacifique, confortable et bien signalisée. Aucun ne souhaite une voie rapide issue de l’aéroport, serpentant telle un cinémascope bruyant entre des villages médiévaux hauts perchés, tout en tronçonnant les GR. Et encore moins la destruction des paysages et du silence par une route nouvelle, qui risque au contraire d’en décourager beaucoup.

Ce n’est pas d’une nouvelle route dont le tourisme du Lot besoin, mais de qualité et de communication.

La coordination « les voix du bon sens » :

Association du Patrimoine de Cazillac : Jean Louis VANEL

Association Turenne Environnement : Antoine THIEFFRY

Association pour la sauvegarde du patrimoine de Sarrazac : Jean Claude TASSAIN

Association « Va de l’avant » : Anne MEYSSIGNAC

Association de Défense de la vallée de la Merlette : Christian LAMOTTE

Association pour la protection du site et des activités de Cavagnac : Pierre TERRIEUX

5 Messages de forum

  • 21 mai 2010 16:36, par Visiteur Coordination d’associations

    Pour connaître bon nombre de "résidents secondaires" du Lot, je peux vous dire qu’ils sont très heureux, lorsqu’ils viennent de régions situées au Nord du Département de pouvoir emprunter l’autoroute A20. Or, il y a 20 ans, si on avait écouté les "anti-autoroutes", nous serions aujourd’hui dans une belle panade. Vous raisonnez comme ces "anti-autoroutes" de l’époque qui n’avaient aucune vision d’avenir. L’hitoire leur a d’ailleurs donné tort puisqu’aujourd’hui plus personne ne critique cette autoroute...

    Répondre à ce message

  • 24 mai 2010 21:22, par M et Mme WHYSALL John et Helen Coordination d’associations

    Nous sommes tout a fait d’accord avec votre lettre en ce qui concerne une nouvelle route ; c’est une idee affreuse. Nous avons une maison secondaire dans le Lot, et ce que nous adorons c’est surtout la tranquillite dans la region ; que nous allons perdre avec cette route. Pour les anglais, les routes francaises en general sont beaucoup plus vite et moins occupe que celles en Angleterre, il n’y a aucun raison de les ameliorer pour encourager les visiteurs. Veuillez renpenser, au lieu de ruiner une region adorable at tranquille.

    Répondre à ce message

    • 25 mai 2010 11:10 Coordination d’associations

      Votre commentaire résume bien la situation :
      - d’un côté quelques résidents secondaires qui veulent être tranquilles quelques semaines par an...
      - de l’autre, l’immense majorité d’une population qui vit et travaille ici toute l’année et qui ne veut pas mourir sur un territoire livré à quelques privilégiés...

      N’oubliez pas que si vous pouvez venir passer quelques vacances tranquilles dans le Lot, dans un cadre encore entretenu et en trouvant sur place tout ce qu’il vous faut, c’est parcequ’une activité existe tout au long de l’année. Acheteriez-vous une résidence secondaire dans le désert... ?

      Répondre à ce message

      • 26 mai 2010 18:28 Coordination d’associations
        Un désert ! N’exagérons pas ! Quand je suis à Sarrazac, il me semble que je peux me rendre à Brive sans trop de problème. J’ai même le choix entre plusieurs routes. Ce que je voudrais simplement, c’est pouvoir vivre tranquille dans un endroit que j’ai choisi pour cela, et c’est tout.

        Répondre à ce message

        • 27 mai 2010 10:40 Coordination d’associations
          Votre individualisme est probant..."J’ai ce qu’il me faut, tant pis pour les autres..." Acceptez que les habitants permanents du Nord du Lot et du Sud de la Corrèze aient envie de pouvoir continuer à vivre au pays dans des conditions décentes

          Répondre à ce message

Répondre à cet article

Modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)


 


L’association | Contacts | Adhésions | Assemblées générales | Plan du site | Espace privé | Suivre la vie du site