lundi 17 mai 2010
VOIE « D’AVENIR » BIARS-A20 Concertation ou manipulation ?
La coordination « les voix du bon sens » constate que la concertation autoproclamée comme « exemplaire » par le Conseil Général du Lot à propos de la « voie d’avenir » est bien loin de tenir ses promesses et craint que l’objectif ne soit que d’imposer un projet déjà décidé.
Une concertation qui esquive d’entrée l’essentiel
La vraie question était : fallait- il construire une nouvelle route, et pourquoi ? Cette question a été immédiatement évacuée en réunion de concertation d’un "naturellement tout le monde est d’accord sur l’opportunité de la voie d’avenir, il ne s’agit ici que de discuter des tracés", avec lequel personne n’est en réalité d’accord.
Un comité de suivi plein de contradictions
Le choix des acteurs de la concertation en est une illustration. Le garant chargé de veiller à son bon déroulement est originaire de l’Equipement, c’est-à-dire d’une filière dont la culture consiste à traiter les problèmes d’aménagement du territoire par des infrastructures routières… Pour faire bon poids, le Comité de suivi accueille également la Fédération du BTP. Ne nous appesantissons pas sur les reproches réitérés des participants aux ateliers de ne pas retrouver leurs interventions majeures dans les synthèses et parlons plutôt de « la transparence » de la démarche qui nous parait bien théorique.
Des solutions de bon sens éliminées d’office
Quelques mots aussi sur l’étonnante dialectique des tracés mis en débat. Malgré l’insistance de plusieurs membres des ateliers, le Conseil Général du Lot refuse d’envisager tout tracé en dehors des fuseaux nord et sud par respect de l’étonnant principe du « cliquet », revendiqué à maintes reprises par ses représentants. Ce principe qui consiste à ne jamais revenir sur des hypothèses et des décisions a permis par exemple d’écarter d’office la solution médiane par la côte des Mathieux qui apparaît pourtant à beaucoup comme un tracé de bon sens méritant au moins examen. Rien ne vaut une bonne route bien neuve, c’est connu. On retrouve là, la culture de l’Equipement. Comment expliquer autrement la surprenante règle de notation concernant la réutilisation des tracés existants : on les note « dans leur état actuel » sans aucune amélioration significative. Pourquoi éliminer d’emblée leur aménagement, solution de bon sens qui répond aux attentes exprimées par de nombreux habitants ?
Le double langage du Conseil Général
Evoquant dans la Dépêche du 12 mai les solutions des voies existantes et la côte des Mathieux, (dont nous déplorons la mise à l’écart) Mr Bladinières Vice Président du CG 46 déclare : « il serait dommage d’écarter une hypothèse au stade de la réflexion. Aucune piste n’est exclue du champ de la réflexion, y compris l’existant et la côte des Mathieux ».
Cette déclaration lénifiante est en totale contradiction avec les propos des représentants du CG lors des réunions de concertation du 18 et 26 mars 2010 :
« Il n’y aura aucun projet étudié sur les variantes 0. Les variantes 0 sont les itinéraires existants et à cet effet, ils servent de base de comparaison pour les autres tracés » (Jean-christophe COLLIN, Egis)
« Les variantes 0 ont pour but uniquement de procéder au comparatif avec les autres tracés ; le but étant de trouver le meilleur tracé ». (Henri COLIN, garant)
« La côte des Mathieux étant hors fuseau, il n’est pas question de revenir en arrière et de prendre en compte cette zone pour un éventuel aménagement de la route ». (François SANÇON, Conseil général du Lot)
« Les itinéraires existants seront notés, à l’identique des autres tracés, mais en tant qu’itinéraires existant donc sans aucun aménagement de la route autre que ceux possibles dans les emprises ». (Pascale BEAUBIER, Conseil général du Lot)
Chacun appréciera.
Une concertation sans garantie d’objectivité Quelques mots des deux réunions publiques : que penser du fait que lors de la 1ére réunion à l’Hôpital St Jean, des cars débarquent massivement des salariés de Biars saturant la salle trop petite et empêchant la moitié des habitants locaux d’y entrer ? Et surtout, que penser de l’absence du garant de la concertation à ces deux uniques réunions publiques. Un garant qui ne répond ni au téléphone ni aux courriers depuis début mai tandis que les mails utilisant l’adresse indiquée sur le site voie rapide reviennent bredouilles avec la mention « adresse supprimée ».
C’est dommage, car nous savons avec le recul du temps que les projets vraiment concertés conduisent à des solutions plus durables que les autres, avec une plus grande satisfaction des citoyens et électeurs.
La coordination « les voix du bon sens » :
Association du Patrimoine de Cazillac : Jean Louis VANEL
Association Turenne Environnement : Antoine THIEFFRY
Association pour la sauvegarde du patrimoine de Sarrazac : Jean Claude TASSAIN
Association « Va de l’avant » : Anne MEYSSIGNAC
Association de Défense de la vallée de la Merlette : Christian LAMOTTE
Association pour la protection du site et des activités de Cavagnac : Pierre TERRIEUX