mercredi 10 septembre 2008
« Tout ce qui est protection de l’environnement et de l’esthétique de ce pays est nôtre »
a- Le classement du site de Turenne : jusqu’ici, Turenne était simplement inscrit à l’inventaire des sites. La roque de Turenne, l’habitat, le paysage immédiat avec ses falaises seront donc protégés. Les effets du classement sont protecteurs du site. Nous veillerons à ce que soit appliquée une rigoureuse politique de l’urbanisme dont le primat est absolu.
b- L’implication de la profession agricole : Un plan agro-paysager sera appliqué avec gestion du paysage bocager (haies, lisières, points de vue, sentiers…), intégration des bâtiments d’exploitation et amélioration des abords de ferme
Cet attelage bicéphale entre deux communes est mal identifiable et nous avons des désaccords de fond :
a- Une dénomination ambiguë : le seul dénominateur commun entre les deux pôles est leur inclusion multiséculaire dans l’ancienne Vicomté de Turenne mais l’appellation ne peut faire l’objet d’une confiscation aux profits des deux communes du label « Grand Site de la Vicomté ». Il faut que soient associées dans une perspective de développement et par la mise en place d’actions et de manifestations les autres localités vicomtales en Corrèze et dans le Lot.Sans cette ouverture autour de ce noyau initial dés la mise en place du Grand Site, il y a vice de forme et tromperie sur la vérité historique. C’est un détournement de l’appellation contrôlée que nous n’acceptons pas.
b- Une offre touristique confuse : La démarche primordiale est de définir l’esprit du Grand Site. Il s’agit sur celui-ci de lire l’Histoire dans le paysage et de procéder au déchiffrement de l’occupation séculaire du sol. A la place de cette émotion esthétique qui suppose un accompagnement pédagogique de qualité et le maintien de la Vraie Vie dans ses localités avec notamment la primauté des commerces de vie (boulangerie, épicerie, boucherie, café, hôtel- restaurant…) nous risquons d’attirer les marchands du temple que sont les boutiquiers de pacotille et de faux souvenirs… conduisant au dépeuplement.
Nous craignons le patchwork touristique oscillant entre le parc d’attraction, le parc naturel et le spectacle son et lumières à la sauce médiéviste. ! Un revalorisation culturelle n’est aucunement antagoniste des scénarii et développement ludiques pourvu que l’on laisse à cette opération sa colonne vertébrale qui est essentiellement historique et qu’on la reconnaisse comme étant le fil rouge conducteur.
c- Un territoire incohérent : Seule l’histoire de l’ex-Vicomté de Turenne, dans sa continuité territoriale tant en Limousin qu’en Quercy offre une grille de lecture cohérente : il faut au minimum tenir compte des villes-capitales d’Argentat, Beaulieu, Servières et de la partie quercynoise avec ses propres villes-capitales que sont Martel et Saint-Céré, des chefs lieux de châtellenie que sont Creysse, Montvalent, Bétaille, Gagnac dont le caractère touristique (bourgs murés) est indiscutable ainsi que des villages représentant les communautés d’habitants et qui étaient des paroisses de la Vicomté comme Saillac, Cavagnac, Saint-Michel-de-Bannières.
En conclusion,
Le grand site de la Vicomté de Turenne a vocation à fédérer les collectivités qu’elle rassemblait jadis. Aucun obstacle ne s’oppose à l’extension de l’opération au département du Lot. L’originalité de la Vicomté reste encore très lisible dans son patrimoine bâti et ses paysages, peut-être même dans la mentalité de ses habitants assez portés sur « l’esprit de privilège ». Il faut en faire un objet d’approche de l’Histoire en y favorisant un tourisme intelligent.