mercredi 18 février 2009
A Monsieur Willy Luis Directeur de la publication Contact lotois
Monsieur le Directeur,
Le dernier numéro de Contact lotois, le magazine d’information du conseil général, contient un dossier intitulé « La concertation pour désenclaver vite et bien ». Suivant votre invitation à la prise de paroles, nous vous adressons notre réaction d’association représentative. Ce dossier repose exclusivement sur un constat d’enclavement économique des cantons du nord du Lot et sur le principe de la concertation pour établir rapidement, et à la satisfaction générale, le tracé de la liaison Biars/A 20. Quatre points de vue sont exposés, qui appellent des réserves sur la perception du problème ; mais la dernière prise de position anéantit toute perspective de concertation véritable.
La délimitation de la question se trouve d’abord déformée par le dogme de l’enclavement, proclamé d’autant plus haut que les débouchés routiers offerts par la Corrèze (D 940 ; D 38) sont passés sous silence. Or, répétons-le, il n’y a d’enclavement que pour les camions, pas pour les véhicules légers. Ensuite, la primauté de l’économique (plus exactement de sa seule composante logistique) sur tous les autres paramètres d’aménagement du territoire, est un autre article de foi ; votre carte montre assez que la chaîne de l’éducatif, du social, du culturel passe par la D 803 jusqu’à Martel, et même jusqu’à Souillac. Enfin, « entendre le territoire » (selon l’heureuse expression de M. Mazeyrie), ce n’est pas seulement répondre à « l’angoisse des jeunes couples », certes préoccupante, mais c’est aussi accueillir la parole de tous les Lotois, sans aucune discrimination socio-professionnelle, et qui ne sont pas nécessairement « égoïstes » s’ils pensent autrement.
Quant au dernier point de vue (exposé page 15), son parti-pris sans vergogne déséquilibre la présentation du dossier. S’il doit y avoir libre choix du tracé, alors il faut faire place à l’argumentation de l’opinion opposée. La position des syndicalistes d’ANDROS est-elle représentative à elle seule de l’intérêt général au point de figurer, sous les couleurs de la firme (le camion, les bocaux, les signatures ès-qualité) dans le magazine d’information- fût-il politique- d’une collectivité territoriale de la République ? De plus, chaque ligne de cette position comporte une inexactitude, depuis la « fin du fret ferroviaire », jusqu’aux moindres nuisances de l’itinéraire nord, à l’intégration harmonieuse d’une route à camions (dont on ne connaît pas moins de cinq variantes !), en passant par le catastrophisme de la présentation et du ton. Et bien sûr pas un mot dans ces lignes sur la concertation et de notre contribution remise au président Miquel. Décidément le dialogue, évoqué jusqu’à l’incantation, est mal parti. Non, « le bon cap » n’a pas encore été pris.